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JE M'EN CHARGE


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Plusieurs fois, elle a remarqué ses comportements étranges.

Elle lui a demandé si tout allait bien à la maison, elle a toujours répondu avec un sourire.

Mais cela ne pouvait pas être vrai.

Il y avait quelque chose.

Elles doivent aller voir un film au cinéma.

Rendez-vous à quatre heures chez elle, comme toujours.

A quatre heures et quart toujours rien.

Elle lui envoie quelques messages, les bandes-annonces vont passer, où était-elle?

Elle essaie de sonner à la porte, pas de réponse.

Le téléphone portable sonne à vide.

Au bout d'une vingtaine de minutes, elle décide d'essayer d'entrer, elle sait qu'elle a une clé dans le pot de fleurs devant la porte.

Elle la trouve.

Elle ouvre la porte d'entrée et monte les escaliers.


Elle sonne une fois avant d'entrer, pour être sûr.

Peut-être qu'elle vient de s'endormir.

Ou qu'elle prend une douche.

Ou elle a oublié.

Je t'en prie, fais qu'elle ait oublié.


Quelque chose tombe, se brise.

Elle grince et réalise qu'elle retient son souffle.

Ce n'est que lorsque quelque chose de mauvais est sur le point de se produire que l'on retiens son souffle.

Allez, respire à nouveau!

Respire et rien ne se passera.

Elle l'appelle.


Elle s'avance dans le couloir qui semble s'assombrir à chaque pas qu'elle fait.

Ce n'est pas le moment d'avoir une attaque de panique.

Elle arrive à la porte de sa chambre, entrouverte.

Elle murmure à nouveau son nom, ouvrant la porte.


Elle est assise sur le lit et la regarde.

Ses mains sont sur ses genoux et elles tremblent.

Elle demande ce qui s'est passé.

Elle sourit.

Rien.

Elle s'assied à côté d'elle.

Elle demande où il est, lui.

Elle sourit toujours.

Elle lui serre la main et porte son index à ses lèvres.

Elle se lève et lui fait signe de la suivre.

Elle se rend compte qu'elle retient à nouveau son souffle.

Elle ne veut pas l'accompagner.

Elle ne veut pas savoir.


Elle lui murmure qu'elles devraient se dépêcher, elles peuvent encore se rendre à la projection de cinq heures et demie.

Elle la regarde comme si elle avait dit quelque chose de stupide.

“Mais non, on n'iras pas au cinéma ce soir”.

Elle parle également à voix basse.

Seuls les secrets sont chuchotés à l'oreille.

Mais elle ne veut pas de secrets.


Elles marchent lentement vers le salon, regardent les photos accrochées aux murs du couloir, tous ces visages souriants.

Tout cet amour.

Elle a des frissons.


Elle s'arrête devant l'entrée, ne veut pas être là.

Mais elle la tire vers le salon avec une prise ferme.

Tu dois voir, semble-t-elle lui dire.


Et elle voit.


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La chaise par terre. Le verre des meubles brisés.

Quand elle le voit, les yeux écarquillés et vides, elle tombe au sol à genoux.

"Qu'est-ce que tu as fait".

Elle pleure, mais sourit.

Lui dit qu'il ne voulait pas la laisser sortir.

Le film aurait terminé trop tard.


"Alors tu l'as tué?".

Elle avale aussi une larme et se mord la lèvre après avoir dit ces mots.

Elle essaie de se rapprocher, mais recule instinctivement.

Elle devient soudainement sérieuse.

Lui dit qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur.


"Tu l'as tué!".

Elle le regarde en pleurant.

Elle lui dit qu'il le méritait.

Et enlève son pull.


Et elle voit.


Elle le voit tirer sur son bras, voit les coups dans les côtes, voit toutes les disputes et tous les coups.

Elle pose ses mains sur son visage, sa tête tourne, l'air lui manque.

Elle ne bouge pas. Lui dit juste de se calmer.


"Pourquoi tu ne m'as rien dit!"

Elle lui dit de ne pas crier.

Parce que ce n'est pas nécessaires, personne ne vient jamais.


Personne n'est jamais venu.


 
 
 

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